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CERF Volant de Portneuf, une renaissance

Une journée d’automne plutôt grise m’amène dans Portneuf pour rencontrer Nancy Dion la coordonnatrice du Centre d’Entraide et de Ressources Familiales de la région de Portneuf, le CERF Volant de Portneuf.

Volant parce que l’organisme rayonne sur le large territoire de Portneuf : de Pont-Rouge où sont situés ses bureaux à Donnacona, de Saint-Raymond à Saint-Marc-des-Carrières en passant par Saint-Alban, Saint-Basile, Grondines, selon les besoins et les collaborations.

Depuis juin 2017, le CERF Volant s’est installé dans une nouvelle bâtisse qui regroupe les bureaux de la municipalité et une trentaine d’autres organisations au sein d’un vieux couvent qui appartenait jadis aux sœurs de la Charité de Saint-Louis. Les locaux occupés sont plus vastes, plus adaptés et ont permis selon les services, une plus grande fréquentation des familles, un calendrier diversifié et même la reprise de services essentiels délaissés auparavant, faute de ressources humaines et matérielles.

photo-groupe-parents-bebes_cerf-volant
photo-enfants_cerf-volant Par ailleurs, un tel regroupement de vie communautaire crée une belle dynamique entre les organisations, des références plus immédiates et naturelles, on se connait mieux, on s’interpelle plus facilement. À l’échelle de la municipalité, le carrefour ainsi créé contribue à une revitalisation du centre de la ville. On a offert un toit à des organismes communautaires, des services de loisirs, des associations… en plus de donner une deuxième vie à ce bâtiment patrimonial. On a aussi aménagé l’extérieur pour inviter la population à fréquenter le lieu. Une piscine, des modules de jeux pour enfants, des tables à pique-nique, un jardin collectif et un grand parc rendent le lieu attrayant et convivial.

Plusieurs familles choisissent d’habiter la région de Portneuf entre autres car le coût pour se loger est moindre et que la vie rurale est accessible tout en étant à proximité de Québec. Toutefois, le territoire est grand, souvent les familles et les jeunes parents sont éloignés de leur milieu d’appartenance et de leurs liens significatifs. Ils doivent alors se reconstituer un réseau d’entraide et développer des contacts avec d’autres familles.

Et justement, le CERF Volant s’intéresse à la vie des jeunes familles. Des visites à domicile par des bénévoles formés à donner un « Coup de pouce maman » permettent d’offrir un soutien à des familles et leurs bébés âgés de 0 à 5 mois. Si elles le désirent, on les invite par la suite à l’atelier « Les Doux Câlins » avec leurs bébés de 0 à 12 mois qui est présenté en session de 10 semaines et offerts 4 fois l’an, à Pont-Rouge et Donnacona. C’est le service que finance FDG. Outre les sujets abordés du sommeil, de la stimulation par le jeu, de l’alimentation et du développement moteur, on permet aux parents de se rencontrer sur une base régulière, d’échanger sur leur réalité quotidienne et de créer des liens entre eux. Souvent, les groupes continuent d’évoluer de manière autonome à la fin des sessions par des projets de sorties, d’activités ou des échanges de services de gardiennage par exemple. Au deuxième enfant, des familles reviennent ayant apprécié cette expérience ainsi que pour avoir accès à nouveau à des ressources précieuses au sein de cet atelier.

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D’autres ateliers parents-enfants tels 1,2,3…Grandissons ensemble (18 mois à 3 ans), les Petites Découvertes (3 à 5 ans), la Météo intérieure des enfants (3 à 5 ans), les Ateliers Grand-Dire (2 à 5 ans), les Mercredis animés (0 à 5 ans) contribuent chacun à leur façon à faire vivre des activités ludiques, tout en misant sur la relation parents-enfants et le développement global de l’enfant. À cela, s’ajoutent des groupes de Cuisines Collectives, un service de droits d’accès (visites supervisées et échanges de garde des enfants), l’atelier le Rendez-vous des Parents qui aborde des sujets choisis par les parents, pendant que des conférences publiques ainsi qu’un suivi individuel offert aux familles sous l’approche du programme Triple P (Pratiques Parentales Positives), complètent la programmation.

Avec des partenaires comme le CIUSSS C.-N., les CPE, les écoles, les services de loisirs municipaux, les bibliothèques, les organismes communautaires, les associations et bien d’autres, le CERF Volant a assuré 4 176 présences à ses activités en 2018-2019, touchant 415 parents et 420 enfants, et recrutant 149 familles membres de l’organisme.

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Les références nombreuses venant des partenaires, du bouche-à-oreille ainsi que de la diffusion dans les divers médias et réseaux sociaux, jumelées à une capacité d’accueil plus grande font en sorte que l’offre de services s’est diversifiée, le financement s’est accru et la participation des familles est en croissance. Les ressources humaines restent le principal défi que l’organisme aura à surmonter dans les prochaines années, autant du côté du personnel que des bénévoles. Comme coordonnatrice, Nancy se préoccupe de la transmission des savoirs et des expertises, de formaliser l’approche auprès des familles et salue l’ouverture du conseil d’administration à recruter une coordonnatrice-adjointe pour mieux soutenir l’équipe. Du temps a été dégagé pour la formation des intervenants mais aussi pour les nombreux bénévoles, notamment pour le service Coup de Pouce maman.

Avec reconnaissance, nous pouvons affirmer qu’avec l’aide du CERF Volant de Portneuf, bien des familles prennent leur envol tout en offrant à leurs enfants la possibilité d’atteindre un plein épanouissement.

Hélène Dufresne
29 octobre 2019

Uyanga, un parent mentor

En Mongolie, l’Association of Parents with Disabled Children (APDC, Association des parents d’enfants handicapés) met en œuvre un programme de mentorat auprès des parents depuis 2010 avec le soutien financier de la FDG. L’APDC organise une formation en mentorat pour les parents afin d’améliorer leurs compétences et leurs connaissances dans le domaine des droits des enfants, de la dignité humaine, de la législation, des changements de politiques, et les fait participer à diverses activités sociales. Le rôle principal des parents mentors consiste à soutenir les familles qui ont besoin de conseils pour assurer le bien-être de leur enfant handicapé. Ils fournissent aux parents une information complète sur l’invalidité des enfants et la législation relative à l’aide sociale de l’État, et ils les aident à faire partie du système d’aide sociale et à recevoir des services médicaux pour leurs enfants. À l’heure actuelle, les parents mentors œuvrent au sein de trois groupes de mentorat, selon leurs connaissances et leurs centres d’intérêt, comme la santé, l’éducation et la protection sociale.

Grâce à la formation, au travail et aux efforts de certains parents mentors, de petits centres ont été établis avec le soutien du bureau du gouverneur du khoroo (un khoroo est la plus petite unité administrative de la ville), d’écoles et d’ONG internationales. Ces centres offrent des services stables et continus aux parents et aux enfants de la collectivité.

Uyanga, mère d’un enfant handicapé, est un de ces parents mentors.

Photo : Uyanga
(Parent mentor et responsable de « Gegeelen Tuv »).
uyanga

Uyanga est devenue membre de l’APDC en 2008 et parent mentor en 2013, après avoir suivi la formation en mentorat. Elle a principalement travaillé dans les khoroos du district de Chingeltei, dans les bureaux du gouverneur de khoroo. Elle a fait connaître l’APDC aux parents et les a aidés à recevoir des prestations d’aide sociale. Elle a aussi aiguillé les enfants vers des spécialistes et des médecins.

Elle a considéré qu’aider les enfants ne suffisait pas, c’est pourquoi elle a créé l’ONG « Gegeelen Tuv ». Malheureusement, l’organisation ne disposait pas de locaux pour y organiser des activités. Une famille l’a aidée en lui donnant un ger (yourte, logis traditionnel). Elle a obtenu l’autorisation de monter le ger près du bureau du gouverneur de khoroo. Peu de temps après, en raison du début de travaux de construction d’un bâtiment de médecine familiale, elle a dû louer une pièce jouxtant une autre organisation, mais elle pouvait difficilement en payer le loyer. Elle a alors organisé des activités dans le bureau d’une autre ONG pendant les vacances d’été du personnel. Malgré tous les déplacements du Programme de mentorat, ses activités au profit des enfants handicapés et de leurs parents n’ont jamais cessé. Conscient de l’importance de l’action d’Uyanga, le gouverneur de khoroo a remis à l’ONG un petit bâtiment de six pièces près de son bureau. Il lui aussi proposé un contrat de soutien financier pour couvrir les frais de chauffage et les salaires de deux gardiens.

Après avoir envoyé la description de projets à l’ONGI « Vision mondiale », elle a reçu une aide pour la rénovation du bâtiment et l’achat de meubles et de matériel électronique. Aujourd’hui, 25 enfants bénéficient quotidiennement des services de l’ONG. Ils font leurs devoirs, suivent des cours d’art et d’artisanat et font de l’exercice encadrés par des enseignants et ils participent à des projets proposés par d’autres organisations. Par ailleurs, elle a mis en place plusieurs projets pour les enfants et leurs mères.

Photo : Assistante d’enseignement (bénévole).
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Ainsi, un projet intitulé « Comment préparer des biscuits » a été organisé avec le soutien de l’ONG « Good Neighbours », ou encore des conseils médicaux et des séances de thérapie psychiatrique ont été donnés aux enfants trois fois par an par l’ONG « Ninjin San ». Le projet « Soap » a été mis en œuvre pour les femmes. Il s’agit d’un projet d’activités génératrices de revenus pour les mères.

Uyanga a déployé des efforts considérables pour accroître les activités du centre et aimerait rapidement embaucher ses propres enseignants.

D’autres parents mentors souhaiteraient agir comme Uyanga, mais en raison du manque de soutien gouvernemental, ils se heurtent à des difficultés financières.

Le mot de la fin sera celui d’Uyanga, qui n’est pas peu fière de ses accomplissements : « Lorsque je me suis rendue à l’APDC pour la première fois, j’étais très timide. Je restais à la maison la plupart du temps, je ne pouvais pas parler librement avec les gens, je ne savais même pas comment utiliser un ordinateur. Maintenant, j’ai plus confiance en moi, je sais mieux communiquer. Je suis plus disposée à aider des enfants et j’améliore mes compétences en leadership et en mentorat. Je peux travailler avec plus d’assurance et aider les autres. »

Par Dulmaa Luvsansharav
12 avril 2018