UYANGA, UN PARENT MENTOR

En Mongolie, l’Association of Parents with Disabled Children (APDC, Association des parents d’enfants handicapés) met en œuvre un programme de mentorat auprès des parents depuis 2010 avec le soutien financier de la FDG. L’APDC organise une formation en mentorat pour les parents afin d’améliorer leurs compétences et leurs connaissances dans le domaine des droits des enfants, de la dignité humaine, de la législation, des changements de politiques, et les fait participer à diverses activités sociales. Le rôle principal des parents mentors consiste à soutenir les familles qui ont besoin de conseils pour pourvoir au bien-être de leur enfant handicapé.

Ils fournissent aux parents une information complète sur l’invalidité des enfants et la législation relative à l’aide sociale de l’État, et ils les aident à faire partie du système d’aide sociale et à recevoir des services médicaux pour leurs enfants. À l’heure actuelle, les parents mentors œuvrent au sein de trois groupes de mentorat, selon leurs connaissances et leurs centres d’intérêt, comme la santé, l’éducation et la protection sociale.

Grâce à la formation, au travail et aux efforts de certains parents mentors, de petits centres ont été établis avec le soutien du bureau du gouverneur du khoroo (un khoroo est la plus petite unité administrative de la ville), d’écoles et d’ONG internationales. Ces centres offrent des services stables et continus aux parents et aux enfants de la collectivité.
Uyanga, mère d’un enfant handicapé, est un de ces parents mentors.
Uyanga (parent mentor et responsable de « Gegeelen Tuv »).

Uyanga est devenue membre de l’APDC en 2008 et parent mentor en 2013, après avoir suivi la formation en mentorat. Elle a principalement travaillé dans les khoroos du district de Chingeltei, dans les bureaux du gouverneur de khoroo. Elle a fait connaître l’APDC aux parents et les a aidés à recevoir des prestations d’aide sociale. Elle a aussi aiguillé les enfants vers des spécialistes et des médecins.

Elle a considéré qu’aider les enfants ne suffisait pas, c’est pourquoi elle a créé l’ONG « Gegeelen Tuv ». Malheureusement, l’organisation ne disposait pas de locaux pour y organiser des activités. Une famille l’a aidée en lui donnant un ger (yourte, logis traditionnel). Elle a obtenu l’autorisation de monter le ger près du bureau du gouverneur de khoroo. Peu de temps après, en raison du début de travaux de construction d’un bâtiment de médecine familiale, elle a dû louer une pièce jouxtant une autre organisation, mais elle pouvait difficilement en payer le loyer. Elle a alors organisé des activités dans le bureau d’une autre ONG pendant les vacances d’été du personnel. Malgré tous les déplacements du Programme de mentorat, ses activités au profit des enfants handicapés et de leurs parents n’ont jamais cessé. Conscient de l’importance de l’action d’Uyanga, le gouverneur de khoroo a remis à l’ONG un petit bâtiment de six pièces près de son bureau. Il lui aussi proposé un contrat de soutien financier pour couvrir les frais de chauffage et les salaires de deux gardiens.

Après avoir envoyé la description de projets à l’ONGI « Vision mondiale », elle a reçu une aide pour la rénovation du bâtiment et l’achat de meubles et de matériel électronique. Aujourd’hui, 25 enfants bénéficient quotidiennement des services de l’ONG. Ils font leurs devoirs, suivent des cours d’art et d’artisanat et font de l’exercice encadrés par des enseignants et ils participent à des projets proposés par d’autres organisations. Par ailleurs, elle a mis en place plusieurs projets pour les enfants et leurs mères.
Assistante d’enseignement (bénévole).

Ainsi, un projet intitulé « Comment préparer des biscuits » a été organisé avec le soutien de l’ONG « Good Neighbours », ou encore des conseils médicaux et des séances de thérapie psychiatrique ont été donnés aux enfants trois fois par an par l’ONG « Ninjin San ». Le projet « Soap » a été mis en œuvre pour les femmes. Il s’agit d’un projet d’activités génératrices de revenus pour les mères.
Uyanga a déployé des efforts considérables pour accroître les activités du centre et aimerait rapidement embaucher ses propres enseignants.

D’autres parents mentors souhaiteraient agir comme Uyanga, mais en raison du manque de soutien gouvernemental, ils se heurtent à des difficultés financières.

Le mot de la fin sera celui d’Uyanga, qui n’est pas peu fière de ses accomplissements :

« Lorsque je me suis rendue à l’APDC pour la première fois, j’étais très timide. Je restais à la maison la plupart du temps, je ne pouvais pas parler librement avec les gens, je ne savais même pas comment utiliser un ordinateur. Maintenant, j’ai plus confiance en moi, je sais mieux communiquer. Je suis plus disposée à aider des enfants et j’améliore mes compétences en leadership et en mentorat. Je peux travailler avec plus d’assurance et aider les autres. »

Par Dulmaa Luvsansharav
12 avril 2018