« Princess » center en Mongolie

Offrir aux jeunes mères la possibilité d’exprimer leur leadership et leurs droits

Si vous visitez un organisme appelé « Princess center », de jeunes femmes souriantes vous accueilleront à leur bureau et partageront leur travail avec plaisir.

Cet organisme a été créé en 2003 pour protéger les droits des filles et des jeunes femmes en Mongolie. La vision du Princess center est de contribuer à la création d’une société favorable aux filles en Mongolie. En outre, le Princess center vise à devenir une voix forte des filles à l’échelle nationale et à travailler comme force motrice du mouvement des droits des filles en Mongolie avec une participation significative des filles. Le Princess center est la seule institution en Mongolie qui se concentre sur la grossesse chez les adolescentes et qui travaille avec les mères adolescentes.

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Le Princess center compte trois clubs participatifs de jeunes comme le « PRINCESS CLUB » d’étudiants en sciences sociales, le « YOUNG MOTHERS’ CLUB » et le « STRONG BOYS CLUB » d’adolescents garçons et de jeunes garçons. Depuis 2012, le Princess center a commencé à mettre en œuvre un programme d’autonomisation des « jeunes mères », qui vise à autonomiser les filles et à développer leurs compétences en leadership tout en renforçant leur engagement social, leurs initiatives et leur participation. Depuis 2013, le Princess center a mis en œuvre de nombreuses initiatives afin de sensibiliser la population aux violations des droits des filles et des femmes (violence sexuelle, violence familiale, grossesse non désirée, etc.) et de prévenir les risques probables pour les filles.

Le Princess center travaille avec la FDG depuis 2011. Depuis lors, le personnel actif et créatif du centre a mis en œuvre de nombreux programmes et projets intéressants et efficaces.

Programme de leadership des filles (PLF)
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Le PLF vise à donner aux adolescentes âgées de 15 à 18 ans les moyens d’être des chefs de file confiantes et des activistes en matière de droits des filles et de santé reproductive dans leurs communautés. Les adolescentes sélectionnées pour le PLF ont participé à des formations sur le leadership qui leur ont permis de comprendre les notions de base de la conscience de soi, de la confiance en soi, des relations efficaces et du leadership des filles. Les filles ont participé à des activités de sensibilisation en formant quatre équipes chacune travaillant sur quatre thèmes différents :

  • Droits des filles dans le milieu familial – Pendant la formation sur le leadership, le personnel du centre s’est rendu compte que la plupart des filles n’ont pas de relations étroites avec leurs parents et qu’ils ont parfois du mal à se comprendre. Sur la base de cette situation, une équipe a organisé une campagne « lettre à ma mère » dans ses écoles secondaires.
  • Droits des filles en milieu scolaire – Cette équipe a effectué un suivi de leur propre milieu scolaire et a évalué à quel point il est accueillant pour les filles. À la suite de son enquête, elle a révélé qu’il y avait de l’intimidation entre les étudiantes, comme donner des noms, humilier et harceler.
  • Utilisation éthique des médias sociaux – Cette équipe a organisé une formation pour les étudiantes du secondaire et leur a appris à utiliser les médias sociaux de façon sécuritaire et à préférer une relation saine tout en utilisant n’importe quel outil de médias sociaux. Les membres de l’équipe ont élaboré elles-mêmes le programme de formation.

  • Grossesse non désirée chez les adolescentes – Cette équipe a créé une page Facebook intitulée « Say No » visant à fournir des connaissances en matière de santé sexuelle et reproductive aux filles. Les membres de l’équipe ont créé elles-mêmes du contenu sur les médias sociaux sur la prévention des grossesses non désirées et l’a affiché sur leur page Facebook « Say No ».

Il était essentiel pour les participantes au PLF de travailler en équipe et de les sensibiliser aux enjeux qu’elles avaient choisis. Par conséquent, leurs compétences en matière d’organisation de formation et de discussion, de présentation, de réalisation de sondages et d’élaboration de renseignements se sont améliorées.

Programme d’autonomisation des jeunes mères (PAJM)

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Le programme vise à autonomiser les mères adolescentes et les jeunes mères en leur offrant des services sociaux complets fondés sur leurs besoins individuels et en les faisant participer à des activités sociales.Chaque année, 30 jeunes mères participent à ce programme.Après avoir reçu de brefs renseignements sur la mère, explorant ses problèmes et créant des croyances mutuelles, les travailleurs sociaux ont rempli le questionnaire de l’enquête qualitative et ont procédé à l’évaluation des besoins selon la méthodologie du travail social et ont élaboré un plan d’interprétation pour chaque cliente.

Les services suivants ont été offerts aux mères adolescentes de différentes façons :

  • Offrir des conseils sociopsychologiques aux mères adolescentes et aux membres de leur famille
  • Offrir un soutien pour recevoir des prestations de bien-être social de l’organisme gouvernemental
  • Fournir l’aide nécessaire
  • Médiation auprès d’institutions professionnelles comme les services juridiques et de santé

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En plus de recevoir les services, les clientes ont participé aux formations éducatives sur la confiance en soi, le développement humain, la sexualité et la santé reproductive.

L’un des volets importants du programme était de faire participer les jeunes mères à d’autres événements intéressants organisés par des organisations de la société civile.

Théâtre des droits des filles

À l’occasion de la Journée internationale de la fille, le centre avait prévu d’établir le premier théâtre des droits des filles (First Girls’ Rights Theatre) en Mongolie. Ce théâtre visait à présenter et à raconter différentes formes de violations des droits des filles par l’art et la représentation. Le théâtre des droits des filles se concentre sur les questions sociales liées aux droits des filles, comme la grossesse précoce, l’avortement non sécuritaire, la violence sexuelle, le viol dans les fréquentations d’adolescents, le harcèlement dans la rue, la violence familiale, etc.

Dans le cadre de cette initiative, les membres du Young Mothers’ Club ont organisé une rencontre avec une auteure, Mme Enkhsaikhan, et ont discuté de leurs vies. À la suite de cette rencontre, Mme Enkhsaikhan a écrit un roman « FLY HIGH MY GIRL » basé sur les événements vrais et réels d’une mère adolescente.

Campagne « I am a Flying Girl »

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Après la publication du roman « FLY HIGH MY GIRL », le Princess center et Mme Enkhsaikhan ont organisé des campagnes à court terme pour lire ce livre auprès d’élèves de 35 écoles secondaires de la ville d’Ulaanbaatar et de jeunes de 14 soums et 11 aimags de centres du développement de la jeunesse dans d’autres régions du pays. Actuellement, ce livre a été publié en 5 000 exemplaires et lu par 6000 adolescents et jeunes de Mongolie.

Selon les directives de lecture de ce livre, chaque lecteur a écrit une lettre basée sur sa compréhension et l’a envoyée à l’auteure ou au Princess center. En lisant les lettres écrites par les lecteurs, le Princess center a reçu des milliers de demandes pour faire de ce roman un film professionnel et éducatif dédié aux adolescents et aux jeunes. Le film a été produit et diffusé par cinq chaînes de télévision, et un télé-enregistrement de la pièce a été présenté à des milliers de garçons et de filles adolescents et a mené à un débat entre eux.

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Avant de produire le film, le Princess center et de jeunes mères ont préparé et interprété le monologue sur scène « I AM A FLYING GIRL » avec l’aide d’une actrice réputée de Mongolie. Les interprètes/actrices du First Girls’ Rights Theatre étaient des membres du club soit des mères adolescentes (anciennes clientes et membres du Young Mothers’ Club). La pièce comprenait 10 monologues sur 10 histoires vraies de filles victimes de violence sexuelle, de violence familiale, qui sont tombées enceintes à l’adolescence, au sujet de l’intimidation à l’école. La pièce a été jouée à plusieurs reprises dans un théâtre pour adolescents.

Les « Strong Boys »

Le Princess center considérait qu’il ne suffisait pas de travailler uniquement avec les filles lorsqu’il s’agit de lutter pour leurs droits et de prévenir la violence. Il a donc mis en œuvre un projet intitulé « Strong boys against violence » et a créé un club. Aujourd’hui, le club travaille de façon autonome avec neuf membres permanents, soit des hommes diplômés en travail social et des étudiants de cycle supérieur.

groupeTous les membres du club ont été préparés comme instructeurs pour travailler avec les garçons et les jeunes hommes dans le cadre du projet susmentionné et ont reçu une formation sur les droits de la personne, le genre, la violence fondée sur le sexe, la participation des garçons et des hommes et les relations saines. De plus, les instructeurs ont collaboré étroitement avec les directeurs d’école, les enseignants et les travailleurs sociaux afin d’introduire une nouvelle culture dans le milieu scolaire. Chaque instructeur du club a donné de 25 à 30 heures de formation sur les « relations saines » aux membres des clubs scolaires. Le programme de formation et le module de formation sur les « relations saines » ont été élaborés conjointement par les professionnels du Princess center et les membres du club « Strong boys ». Le club « STRONG BOYS » a travaillé dans dix écoles secondaires de six districts de la ville d’Ulaanbaatar et a mis sur pied dix clubs scolaires pour garçons.

Le Princess center étend ses activités de sensibilisation et ses services aux adolescentes et aux mères dans certaines provinces de Mongolie en offrant de la formation et de l’échange d’expériences aux travailleurs sociaux de ces provinces.

par Dulmaa Luvsansharav