La Boussole – Tout azimut

Depuis 1981, La Boussole apporte de l’aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale. L’organisme dessert la grande région de Québec avec des membres provenant par exemple de Val-Bélair, de Beauport ou même de la Côte-de-Beaupré. Tout d’abord un groupe d’entraide composé de parents proches aidants démunis en terme de ressources et souhaitant briser l’isolement, l’organisme a peu à peu développé ses services.

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Hélène Lévesque, la directrice de l’organisme, compte parmi son équipe la coordonnatrice clinique du programme Enfance-Jeunesse Julie Belleau nous explique la nature de son travail.. Elle relate que les troubles de santé mentale sont nombreux et le diagnostic parfois difficile à obtenir. Les personnes atteintes vivent parfois dans le déni. C’est pourquoi La Boussole répond aux demandes sans que le diagnostic soit absolument nécessaire. Il suffit que les troubles soient manifestes et que la personne ou un membre de sa famille exprime une certaine détresse face à la situation.

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FDG soutient au sein de l’organisme des activités destinées aux enfants et aux adolescents. L’été, un camp de jour estival est offert aux enfants pendant sept (7) semaines à raison de quatre (4) jours semaine. En semaine, la Boussole accueille vingt-quatre (24) enfants en groupe fermé qui sont transportés vers les locaux de La Boussole situés à Limoilou. On s’amuse avec des activités thématiques qui évoluent au fil des semaines, tout en abordant les difficultés vécues par les enfants. Ils sont encadrés par trois intervenants spécialisés qui assurent un suivi personnalisé à chaque enfant. Au besoin, les enfants sont rencontrés individuellement pour cerner certaines problématiques et fixer de petits objectifs. On voit ainsi plus clairement la progression du jeune.

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Au sein des ateliers, on fait un survol des troubles liés à la maladie, la gestion des émotions, les ressources existantes, et bien d’autres thèmes (relations interpersonnelles, moyens pour prendre soin de sa propre santé mentale, des stratégies de résolution de problèmes, les préjugés, etc.) On allie toujours le travail individuel à un travail collectif. Le théâtre, la rédaction d’un journal ou le bricolage seront quelques uns des moyens utilisés pour favoriser l’expression individuelle et collective. A ces activités plus spécifiques, on ajoute des sorties et des jeux à l’extérieur. A l’occasion, des invités viennent animer des ateliers spécialisés, par exemple zoothérapie, rigolothérapie, saine alimentation. Une journée de la semaine est toujours consacrée à une sortie spéciale à laquelle sont conviés les adolescents : le cinéma, une visite muséale, de l’hébertisme, etc.

Vivre avec un proche atteint de maladie mentale a parfois de lourdes conséquences pour les enfants et les adolescents. À La Boussole, on veille à replacer le jeune dans son rôle d’enfant et ne pas lui faire porter la responsabilité de la maladie de son parent. On les informe sur la biologie, la chimie du trouble présent au sein de leur famille, on les oriente vers les ressources existantes en cas de crise, on identifie avec eux ce qui les aide à mieux se sentir, on les questionne sur leur réseau d’entraide. On ne veut pas non plus démoniser la maladie, et on leur fait comprendre que même si eux peuvent présenter des troubles, car c’est une crainte réelle, ce n’est pas la fin du monde, il existe des moyens pour reprendre du pouvoir sur leur vie, malgré la maladie. Bref, on vise à leur redonner confiance.

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Au-delà du trouble ou de la maladie, le jeune a des forces et des faiblesses, il faut lui apprendre à les reconnaître. La maladie ne doit pas être un moyen de défense pour justifier un comportement. Le jeune ne doit pas seulement s’identifier à cette dernière. On cherche à développer sa responsabilité face à son état et accroître son pouvoir d’agir : « tu n’as peut-être pas pris ton médicament aujourd’hui, mais qu’est-ce que tu peux faire pour te calmer un peu, qu’est-ce qui te fait du bien dans cette situation? »

À la fin du camp, une nuitée pour les enfants en-dehors du quotidien permet de boucler la boucle et faire un retour sur les apprentissages de l’été. Aux adolescents, on réserve aussi une session de ressourcement de deux (2) nuits à l’extérieur. On y travaille les défis vécus par les adolescents : l’esprit d’équipe, le cheminement personnel et le ressourcement.

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À La Boussole, on essaie autant que possible de travailler de concert avec la famille en entier. Mais c’est parfois difficile d’établir un contact physique, les familles provenant de tous les secteurs de Québec et les enfants étant transportés, généralement en autobus scolaire, vers La Boussole, le contact se limite parfois aux téléphones échangés. Cette contrainte est en partie contournée en offrant en février une journée familiale au Village Vacances Valcartier. Celle-ci permet aux jeunes et aux membres de sa famille, encadrés par des intervenants, de vivre une journée en plein-air, tout en s’amusant. Pour les intervenants, cette activité permet de constater de visu les liens existants au sein de la famille et de créer avec elle des liens de confiance plus solides.

Enfin, à l’approche des Fêtes de Noël et de la Nouvelle Année, on convie les enfants et les ados à une fête. Cette année, c’est l’Aquarium de Québec qui recevait 25 jeunes pour un brunch, des jeux et une visite guidée.

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Les problèmes de santé mentale affectent tous les membres d’une famille. Ils peuvent menés à une séparation ou inversement être déclenchés par l’éclatement du noyau familial. Les familles vulnérables au plan économique sont certainement plus nombreuses à fréquenter La Boussole, et les familles monoparentales vivent plus souvent la précarité liée à la pauvreté. Ce qui fait parfois peser le poids de la maladie mentale sur de frêles épaules.

Par Hélène Dufresne